CHATEAU DE SAINT MESMIN Deux-Sèvres
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Le fief des De Montfaucon du XIIIe au XVIe siècle

Le 10 mai 1276, il est fait, pour la première fois mention de la famille De Montfaucon, comme seigneur de Saint Mesmin. A cette date un acte est passé "en la cour de Jean De Montefalconis, militis, domini Sancti Maximini", soit "chevalier, seigneur de Saint Mesmin". A cette époque, la terre de Saint Mesmin est dans la mouvance de Vouvant et Mervent, deux forteresses appartenant à la famille Larchevêque, seigneur de Parthenay.

Le 20 mars 1360, Jehan de Montfaucon est dit chevalier et seigneur de Saint Mesmin et de la Fosse (commune de Mouilleron en Pareds), baillage de Vouvant et Mervent.

On peut lire, dans un texte du milieu du XIVe siècle, que le vieux château fort, appartenant à Jehan de Montfaucon est en bon état et fortifié "...bonum castrum et forticalum...".

Fortification des places fortes du Poitou

Le 19 juillet 1367, une ordonnance royale prescrit une nationalisation des places fortes. Les maîtres des châteaus forts doivent mettre ceux-ci en état de supporter un siège, les approvisionner en vivres et munitions, les pourvoir en artillerie et tout cela à leurs frais. A l'époque où elle fut promulguée, cette ordonnance ne dut, cependant, pas concerner Pierre De Montfaucon, alors seigneur de Saint Mesmin. Les poitevins anglais (dont Guillaume Larchevêque, suzerain de Pierre De Montfaucon) ne rejoignirent le parti français qu'après le 30 novembre 1372, date de la capitulation anglaise au château de Thouars, devant le siège établi par Duguesclin.

Fortification probable du château de Saint Mesmin (1372/1375)

L'ordonnance de 1367 a pu continuer d'être observée après 1372 dans le Poitou et en particuliers au château de Saint Mesmin. De plus, l'autorité du seigneur de Parthenay était au plus bas, après 1372, période de l'incendie de sa baronnie et de sa soumission.

Ainsi, Pierre De Montfaucon aurait entrepris d'importants travaux de fortification au château de Saint Mesmin, entre 1372 et 1375, sans la moindre opposition de la part du seigneur de Parthenay.

Cette fortification est mentionnée dans un texte plus tardif où il est précisé : que Pierre De Montfaucon avait remis le château de Saint Mesmin dans un état suffisant pour soutenir un siège "in statu bono et sufficienti pro forticalis abendi posuisset..." et qu'il avait construit de nouveaux corps de bâtiments "pluria eciam edificia ibidem construisset...". Il y avait ses meubles et son train de maison, des sergents et officiers de justice, droit qu'il possédait de temps immémorial.

L'an 1375, transaction et destruction des fortifications du château

Le 5 mai 1375, une transaction entre Guillaume Larchevêque et Pierre De Montfaucon concerne les travaux effectués par ce dernier au château de Saint Mesmin sans l'autorisation de son suzerain "...et ediffie indehuement et sans la volunté, congié et licence dudit noble...".

Guillaume VII Larchevêque pardonne la violation de ses prérogatives mais se fait reconnaître le droit de raser le château dès qu'il le voudra, sans que Montfaucon puisse lui en faire grief. Les deux partie conviennent que cet accord n'affecte en rien leur position juridique respective. Ainsi, on peut lire "c'est assavoir que ledit ediffice sera desmoli et mis a nyent touteffoiz qu'il plaira audit noble..., toute voies demeure le droit d'une partie et d'autre en l'estat avant la construction dudit ediffice...".

Cependant à la fin du siège de Cognac, le 1er juin 1375, Guillaume Larchevêque y convoque Pierre De Montfaucon. Pendant son absence, Gervais d'Izé et autres complices de Guillaume Larchevêque envahissent le château de Saint Mesmin, le détruisent, l'incendient et pillent les biens meubles qui s'y trouvent, dégâts estimés à 1.000 livres parisis.

A la suite de cette expédition, le sire de Parthenay institue au dit lieu de Saint Mesmin, un sergent en son nom pour y rendre la justice. Pierre De Montfaucon porte l'affaire devant le tribunal.

De 1377 à 1380, Procès entre Montfaucon et Larchevêque.

Guillaume Larchevêque prit fait et cause pour ses gens devant le parlement et déclare avoir agi dans la plénitude de son droit.

La cour ordonne que les parties produisent leurs faits et gestes. Elle prescrit une enquête et maintient en cause les auteurs de cette agression. En septembre 1379, deux conseillers du Parlement sont commis pour faire l'information.

De mars à juillet 1380, le sire de Parthenay introduit une demande reconventionnelle contre Pierre De Montfaucon, en raison de la dite terre de Saint Mesmin et de celle de la Fosse, situées en baronnie de Vouvant et qu'il prétend tenir en fief avec le reste des baronnies de Parthenay et de Mervent.

A partir de 1380, par arrêtés de la cour du parlement, le seigneur Pierre De Montfaucon, seigneur de Saint Mesmin rend désormais ses aveux non plus à Vouvant mais à Secondigny.

En effet, Guillaume VII Larchevêque a cédé sa place au Comte Arthur de Richemont, seigneur de Parthenay et de Secondigny. Il est ainsi précisé "les habitants de la diste chastellenie sont tenus de faire troys guetz audit lieu de Secondigny... en recougnoissance de la seigneurie de Sainct Mesmin et autres droiz...".

La famille Du Plessis de la Bourgognière

En 1513, Louise de Montfaucon, fille de Jacques De Montfaucon et de Marie de Feschal, se marie à Charles Du Plessis de la Bourgognière. C'est en 1548, à la mort de Louise que la famille De Montfaucon s'éteint au château de Saint Mesmin.

Le seigneur de Saint Mesmin est alors Jean Du Plessis dont les armes sont : " D'argent à la croix dentelée de gueules, cantonnée de seize mouchetures d'hermine de sable".

La famille De Vaudrey De Saint Phal

Le château passe successivement, en 1575, par mariage, dans la famille De Vaudrey De Saint Phal, qui le conservera jusqu'en 1650. La famille De Saint Phal porte les armes suivantes : "D'or à la croix ancrée de sinople". Elle obtient d'Henry III, roi de France, au mois de février 1577, pour la seigneurie de Saint Mesmin, les droits de foires et de marchés, permissions de batteries et chasses.

L'an 1650, achat du château par la famille Petit de la Guierche

Le 7 mars 1650, Gilbert Petit, chevalier, conseiller du roi, acquiert la terre Saint Mesmin de Georges de Vaudrey De Saint Phal. La famille Petit porte comme armes : "De sable à une bande d'argent chargée d'un léopard de gueule armé et lampassé d'or".

En 1705, Hardy Petit de la Guierche est, sans aucun doute, à l'origine du marquisat du château.  Alexis-Henry Petit est l'unique enfant de Marie et Hardy Petit. Dans une procuration d'hommage qu'il fait à la Chambre des Comptes de Paris en 1717, il déclare posséder le marquisat de Saint Mesmin, lequel relève de sa majesté, à cause de son comté de Secondigny, réuni à la couronne en 1698.

En 1714 et 1734, seront réalisés deux inventaires après décès, faisant état des meubles et effets mobiliers du château "quinze chambres, un salon, une grande salle, une boulangerie, une buanderie, un garde-meuble, une petite étude, une cuisine, l'office, un petit cabinet, etc..."

De 1755 jusqu'à la Révolution Française, la famille De Vasselot

En 1755, Alexis-Françoise Petit épouse Messire Jacques-René-François-Marie de Vasselot, chevalier et seigneur, marquis d'Anne-Marie. Le château restera la propriété de la famille De Vasselot jusqu'en 1798, date de sa vente comme bien national. Cette famille délaissera le château dès 1766. Seule une vieille demoiselle De Vasselot  l'occupera pendant la Révolution et sera tuée lors du passage des Colonnes Infernales en 1793.

Les Guerres de Vendée au château de Saint Mesmin

1793, Passage des Colonnes Infernales : en janvier 1794, un détachement des Colonnes Infernales sous les ordres de Brisset, incendia le château. La grosse tour seule et une  partie des communs furent brûlées. Les soldats, eux-mêmes, éteignirent le feu, sur le contre-ordre donné, de conserver les bâtiments non encore atteints, faisant de vastes logements à défendre au besoin.

1796, fait d'armes des Guerres de Vendée : le 20 février, a lieu, au château de Saint Mesmin, un combat entre les Vendéens et les armées républicaines. Une quarantaine de vendéens avec à leur tête Louis Péault, sergent, gardes des eaux, pêche, chasse et bois dans l'étendue du marquisat de Saint Mesmin, attaque un détachement républicain comprenant 250 hommes commandés par l'adjudant général Cortez. A la suite d'une contre-attaque, Cortez tente d'encercler les vendéens qui se replient vers le château de Saint Mesmin où ils s'enferment pour résister. Du 21 au 24 février, les assauts des troupes républicaines sont sans résultats probants. Mais par manque de vivres, les vendéens acceptent de se rendre. On leur promet la vie sauve. La quarantaine de vendéens est emmenée à la Châtaigneraie où le chef d'état major ordonne à Bonnaire, de réunir un conseil militaire pour les juger et les fusiller, malgré la promesse de vie sauve qui leur avait été faite. Heureusement, le Général Hoche, commandant en chef des troupes de l'ouest, prévenu de l'incident, exigea et obtint de ses subordonnés le respect des clauses de la capitulation. Les vendéens furent alors dirigés vers Fontenay Le Comte, puis vers Noirmoutier où ils restèrent jusqu'à la fin de la guerre.

26 février 1798 : vente comme bien national à Pierre Ters, demeurant à Paris.

 Lithographie Daviaud 1856

De 1818 à 1990 : La famille Proust propriétaire du château

Le 9 août 1818 est signé à l'hôtel Bergère à Paris, l'acte de vente de la terre de Saint Mesmin à Paul-François et Théodore-Bara Proust. Les deux frères, résidant ordinairement à Niort, ont acquis la terre de Saint Mesmin et de la Guierche pour un montant de 300 000 francs.

Hôpital Militaire 1914 / 1915

Hôpital de convalescence qui a accueilli jusqu'à 59 blessés. Les contagieux résidaient dans le château et les autres malades dans l'orangerie. La chapelle du donjon fut remise en service à cette occasion.